Intervention du 3 septembre 2003 sur les relations UE/Cuba
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Cuba est aujourd'hui le seul pays d'Amérique latine, on vient de le dire, avec lequel la Communauté européenne n'a pas conclu d'accord de coopération. C'est, je crois, de notre part une erreur qui tient à trois éléments.
Tout d'abord, d'une façon générale, nous devrions cesser de choisir les États avec lesquels nous entretenons des rapports de coopération en fonction de critères hautement subjectifs qui sont liés à l'appréciation politique, humanitaire et, souvent, bien trop souvent, aux intérêts et aux diktats, il faut bien le dire, de la politique américaine. À Cuba comme ailleurs, nous devrions nous en tenir à des critères objectifs, c'estàdire, comme le formulait très simplement le Général de Gaulle et cela inspire toujours la politique française , reconnaître des États, des États et non des gouvernements.
Ensuite, nous devrions tenir compte d'une réalité: Cuba est l'un des pays d'Amérique latine les plus proches de l'Europe. L'Union européenne est son premier partenaire commercial et son premier investisseur; la culture cubaine, sa littérature, sa musique sont parmi les plus prisées de la jeunesse d'Europe. Enfin, le Président Castro reste, à l'issue de bien des vicissitudes dont nous avons maints témoignages et que, certes, nous ne méconnaissons pas, l'incarnation du rebelle du XXe siècle, du défenseur de la liberté des peuples, ce qui vaut à cette île de nombreuses sympathies.
Enfin, nous devrions d'autant plus nous montrer discrets sur le terrain des
droits de l'homme que les ÉtatsUnis que le ministre allemand
Fischer, lors d'une visite à Washington en juillet dernier, décrivait
comme le premier allié de chacun des États européens, déclaration
qu'il fit sans mandat d'ailleurs utilisent une enclave de Cuba, celle
de Guantanamo, pour violer, depuis un an et demi, à peu près tous
les principes du droit international de façon légèrement
barbare. Pour toutes ces raisons, je pense que nous devrions revoir notre attitude
envers Cuba et nous montrer plus fraternels.
Paul Marie Coûteaux