Situation au Moyen-Orient

Intervention du 16 mai 2001

Madame la Présidente, le plus étonnant dans notre débat, c'est notre étonnement, car la politique expansionniste d'Israël est le résultat inévitable et prévisible du déséquilibre croissant dans la région, équilibre dans lequel nous portons une très grande part de responsabilité. D'abord parce que la plupart de nos États - à l'exception notable de la France -n'ont pas cessé, depuis 1967, de donner l'impression à l'État d'Israël - un État de plus en plus sûr de lui et dominateur - qu'il pouvait impunément violer la loi internationale et les résolutions de l'ONU.

En réalité, nous avons suivi, là comme ailleurs, Washington et nous persistons à fermer les yeux sur la dérive théocratique de cet état religieux dont les gouvernements se trouvent placés sous la coupe de partis et de minorités fanatiques qui n'ont rien à envier aux autres fanatismes religieux de la région. Pour ces raisons, nous devrions envisager des sanctions à l'encontre d'Israël.

Mais il y a un autre déséquilibre grave où notre responsabilité est engagée, c'est le déséquilibre des forces. Il faut que nous envisagions - je n'hésite pas à le dire - à doter la partie arabe d'une force suffisante, y compris d'une force nucléaire suffisante, pour qu'Israël ne se croit pas tout permis. C'était la politique qu'avait engagée mon pays dans les années 70 en dotant l'Irak de l'arme nucléaire. Nous l'avons détruite. Nous allons donc persister dans notre politique de déséquilibre et ce qui arrive aujourd'hui n'est que le résultat fâcheux, mais inévitable, de notre aveuglement et de notre lâcheté collective.

Paul-Marie Coûteaux