|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - La
commission favorise l'immigration pour créer un grand mélange - De la "Cosntitution" pour
l'Europe - Baroso avoue "lUE est un
empire" - Référundum sur l'Europe - Quand l'Indépendance
révélait la directive Bolkenstein - Quand le droit européen
s'impose au droit français
m Une certaine idée - Kosovo la raison d'un échec - Quelle riposte européenne ? - Les fonds touchent le fond Hervé Berbille m Marchands sans temple -La stratégie de Lisbonne : une effrayante machinerie Alain Bournazel -L'UE encourage la destruction de l'industrie Maurice Allais m Langues et civilisations européennes - "Historiquement incorrect" - L'édification de l'Europe par l'intoxication des
lycéens -La
francophonie arme de l'anti-mondialisation m Chroniques - Jean-Paul Bled
|
N°51 - Ne vous rendez jamais
Voici donc le 51ème et dernier numéro de L’Indépendance, du moins sous
sa forme mensuelle. À la suite de controverses sur lesquelles je
m’expliquerai en d’autres lieux et circonstances, je quitterai
prochainement le Parlement européen, en sorte qu’il ne sera plus
possible de poursuivre l’édition et la diffusion d’un journal qui était
avant tout une lettre parlementaire. La
souveraineté, seul point de communion
Les
Français en colère
Le 26 avril 2009,
|
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Barrack Obama : et nous ? - Le non des Français a été
déterminant
m Une certaine idée - Un autre regard sur la guerre franco-allemande m Marchands sans temple - Quelle riposte européenne ? Philippe de Villiers - L'Europe se perd en conjectures - Sagesse Asiatique Pierre Lévy m Langues et civilisations européennes - "Vous ne manquerez Jamais d'amis" m Chroniques - Pierre-René Mélon
|
N°50 - Quand le roi était fou
En
1992, après la ratification du traité de
Maestricht, un ministre allemand, Théo Waigel, estimait que s’ouvrait
une «fénêtre
de tir de 15 ou 20 ans»
permettant
de rendre irréversible l’édification d’un État fédéral européen. Nous
entrons
dans la dix-septième année de cette homérique entreprise et tout porte
à croire
que la «fenêtre»
en question se refermera bientôt sur un échec retentissant. Déjà, les
chimères de la supranationalité ont cessé d’enchanter les peuples, et
l’on voit
les grands projets de «Constitution
européenne»
formés en l’an 2000 s’enliser partout dans les
sables, de façon d’autant plus irréversible que cet «approfondissement»,
comme ils disaient, est sans cesse compliqué
par un «élargissement»
qui s’emballe comme une fuite en avant désespérée - le Commissaire à
l’élargissement, Olli Rehn, ne vient-il pas, le 5 novembre, de dresser
une
liste de 8 pays, Turquie et «Kossovo»
compris, qui devraient à son avis s’ajouter aux
actuels 27, chiffre qui, déjà, condamnait l’Union au salmigondis
politique ? Et
voici que surgit ce qu’il est convenu d’appeler une «crise»
dont
on voit partout qu’elle redonne aux États
leur légitimité tant niée, la seule question étant désormais de savoir
si, au
bout de cette incroyable tentative de destruction de la politique en
elle-même,
de la politique en ce qu’elle est une volonté raisonnée des peuples,
les États
sont encore capable de relever le gant. N’est-ce qu’une crise ?
Existe-t-il
encore des États ? Voyons cela de près. Fondée
sur une confiance béate dans le progrès technique, l’abondance
des ressources, naturelles ou financières, et la main invisble du
marché
(corrélativement, sur le l’effacement de tous les cadres politiques et
notamment des États), l’idéologie européiste, littéralement
anti-politique, est
la première victime d’une crise qui est d’abord celle du crédit
intellectuel,
en somme du credo
moderniste. Chacun a d’ailleurs
pu voir combien la fière Commission se révélait incapable de répondre
aux
urgences de l’heure, l’inénarrable Barroso se trouvant contraint de
suivre le
Conseil et son sémillant président «en
exercice».
Significative
est la querelle qui oppose le Premier ministre belge à États ou
oligarchies ? Rien
de ce que nous disons ne constitue une bonne nouvelle. La seule
bonne nouvelle serait que, dans ces circonstances, les âmes fortes de Paris,
le 13 novembre 2008 |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - L'Afghanistan
: la faute - Guerre en Géorgie : qui a
piégé qui ? - Libéré les wallons
m En toute indépendance - "Après le NON irlandais" - U.E. : l'angoisse a remplacé l'espérance m Langues et civilisatiosn européennes - L'autre Europe de Soljenitsyne m Chroniques - Pierre-René Mélon
|
N°49 - Création d'un réseau européen des NON
Les Européens sont en désaccord
sur à peu près tous les
sujets de politique internationale, admet Hubert Védrine ce 9 septembre
sur
France Inter. Ce n'est pourtant pas un grand effort que l'on demande
aux
capitales européennes : se démarquer de la stratégie de la tension
permanente
avec Transformer les
européennes en référendum Plus sérieux apparaît en
revanche le camp des NON au traité
de Lisbonne qui s'organise à vive allure à l’échelle européenne. En
juin
dernier, le coup de boutoir irlandais, s'ajoutant aux précédents
français et
hollandais, attirait l'attention sur une flopée de sondages annonçant
que le
NON était également majoritaire dans plusieurs autres pays de l'UE.
Depuis, le
vent de Dublin galvanise toutes les énergies : lors de la session de
rentrée
tenue ˆ Bruxelles (et non à Strasbourg pour cause d’absence
de plafond ! ), une conférence
de presse de l’Irlandais Declan Ganley, notre prix de l’Indépendance
juillet,
réunit une flopée de journalistes et caméras comme on n’en voit
rarement en ce
lieu : le sémillant Ganley annonça la création d’un réseau européen de
tous les
NON, l’objectif étant de présenter des candidats dans un très grand
nombre de
pays névralgiques lors des européennes de juin prochain. Si es médias d’Europe (mais
pour l'instant peu
de français, comme d'habitude...) s'attachent aux basques de ce nouveau
venu,
c'est qu'il a donné des preuves de son efficacité : en avril dernier,
nous
observions que la campagne irlandaise était morne, les sondages
annonçant
certes 25% de OUI seulement, mais pas plus de 17% de NON : c'est alors
qu’il
entra en scène, ne ménageant ni son temps, ni ses moyens
personnels, avec un rayonnement
personnel qui saute aux yeux, couronné du succès que l'on vit. Son
intention
est d’élargir la campagne aux dimensions de toute l’Europe et de
transformer les prochaines européennes
en un vaste référendum sur Lisbonne : il ne s'agit rien moins que
d'envoyer à
Bruxelles et Strasbourg une majorité de députés “euro-réalistes” propre
à
gripper la grande broyeuse… Pari délicat qui, bien qu’il ne suffise
sans doute
pas à abattre la citadelle, changerait tout de même la donne assez
substantiellement… Si l'on songe que l'opposition
à Lisbonne est majoritaire
dans la plupart des pays, le pari n'est pas hors d'atteinte ; d’autant
que, si
le parti du NON est déjà organisé dans plusieurs d'entre eux et
représenté au
sein de notre groupe Indépendance& Démocratie - groupe sur
lequel
l’entreprise prend d’ores et déjà appui -, de nombreuses autres nations
n'ont
pas encore de parti du NON : que l'on songe à l'Allemagne (où les
opinions
négatives sur l'euro restent majoritaires d'après les sondages), à
l'Italie,
l'Espagne, le Portugal, l'Autriche ou Paris,
15 septembre 2008 |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Courant d'Eire sur l'Europe
m Une certaine idée - "l'Europe est importante pour la Russie" - Une contradiction française : OTAN ou défense
européenne ? m Marchands sans temple - Lisbonne plouf ou Lisbonne plus ? m Langue et civilisation - Langues régionales, armes et otages de l'ordre
ethnique européïste m Les souverainissimes - "Oui à l'Europe, Non à Bruxelles" m Chroniques - Péroncel-Hugoz
|
N°48 - Dans la rue !
A M.
Henri Guaino. Dans toute
république qui se veut tant soit peu une République, l’Etat se doit de
faire
respecter les lois en général et l’ordre public en particulier,
notamment de
faire arrêter et juger les hors-la-loi, comme il se doit d’honorer par
ailleurs
les citoyens qui témoignent de leur attachement à la patrie. On est
désolé de
devoir rappeler ce qui n’est plus l’évidence quand elle fait le
contraire, se
prosterne devant les hors-la -loi, rebaptisés
« sans-papiers » pour les besoins de la cause, dans
le temps où elle
fait enfermer les patriotes. Qu’on veuille bien, si l’on me juge
excessif, lire
dans ces pages le témoignage de quatre militants souverainistes de
l’ARN (Alliance
pour Il n’y a pas
matière à pavoiser, et pourtant comme on pavoise ! Revenons donc sur
les
tribulaltions de la nouvelle bannière étoilée, que nous nous donnons le
ridicule de faire flotter sur les autobus, ce que l’on ne vit dans
aucun autre
pays d’Europe, où l’on n’est sans doute pas si impatient de se fuir
soi-même.
(Une correspondante m’annonça fièrement qu’elle avait obtenu d’un
chauffeur
l’autorisation de faire disparaître le dit oripeau !) Si ce 1er juillet
marqua
une date, c’est bien celle d’un nouvel épisode du feuilleton européen
que l’on
pourrait appeler la « Bataille des drapeaux » -étape
que l’on
pourrait appeler de la violence symbolique, tout symbole pouvant, mieux
que des
démonstrations « euro-réalistes », cristalliser les
émotions et
bouleverser les coeurs. Les manieurs de drapeaux ne mesurent sans doute
pas la
charge émotive de ce avec quoi ils jouent. On vérifiera sans doute dans
les
mois et les années à venir ce qu’il en coûte de manipuler ainsi les
signes
d’appartenance les plus profonds auxquels s’identifient les citoyens. La
« Bataille
des drapeaux », nous la mènerons
ˆ d’autant meilleur droit, que justement, les symboles de
l’Union ont été retirés de la première version de actuels, ne
mentionne que le drapeau tricolore, lequel demeure le seul emblème de leur liberté,
une fois passé le stade de la violence symbolique c’est la violence
tout court
qui pourrait bien, hélas !, parler un jour… Strasbourg,
10 juillet 2008 |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Chronologie des mensonges - Pauvres Pêcheurs m En toute indépendance - La conscience c'est la conscience de soi - Le souverainisme une idée certaine de la France m Marchands sans temple - La crise alimentaire et l'UE m Langues et civilisatiosn européennes - Européïsme, Communautarisme, m Chroniques - Patrick Louis
|
N°47 La victoire des Nations La très nette victoire du Non
en Irlande confirme une fois
encore ce qu'annonce de toutes parts le XXIème siècle : le grand retour
des
nations. Elle s'ajoute au Non que Quatre
conséquences
ne serait qu'une forfaiture
supplémentaire, tant il est vrai
que tout traité doit être ratifié par chacun de ses signataires ou
devient nul.
Lisbonne est mort, Nice s'applique. Hélas, pour nos grandioses
bâtisseurs, le
traité de Nice fixait la répartition des voix au Conseil et des sièges
au
Parlement, en sorte qu’il sera lui aussi caduc dès qu'intervient une
nouvelle
adhésion : ce n'est donc pas simplement Lisbonne et Nice qu'il faut
remplacer
mais tous les traités - en d'autres termes, édifier un nouveau traité
fondateur
pour une autre Europe. médias refusent de prendre en
compte), il faut supprimer coordonnée de la recherche, une
politique industrielle, une
politique commerciale (en réhabilitant notamment, en tout domaine, la
préférence communautaire) - trois domaines clés pour assurer l'avenir
des
nations européennes au XXIème siècle, assortis d'une défense européenne
qui
soit véritablement européenne (c'est à dire délivrée de l'OTAN), ainsi
que,
pour finir, une surveillance renforcée des frontières, en renfort des
contrôles
nationaux si mal assurés aujourd’hui par les Etats. Cette autre Europe
est
possible : 13 juin 2008 |
| Paul-Marie Coûteaux | |
|
SOMMAIRE |
|
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Le parlement au royaume imaginaire - Le grain de sable tchèque -Irlande le troisième Non ? Christophe Beaudouin
m Une certaine idée - La Russie - La dissuasion nucléaire ne peut être européenne - Pas de troupes Françaises en Afghanistan m Marchands sans temple - Amère méditérranée - Epée de Damoclès -
Coûts des condamnations de la France m Les souverainissimes - Le français de viendra-t-il une langue morte ? -
Propositions pour des MOCRIE m Chroniques - Patrick Louis
|
N°46
- Réseaux et résurrections: Il y a de pieux mensonges. La légende gaullienne, à laquelle il est fort significatif que la chronique française ne cesse de revenir ces jours-ci, est en bonne partie faite de ces mensonges bien intentionnés que les gaullistes perpétuent dans l’intérêt, bien entendu, du Général – et quelquefois d’eux-mêmes. Ainsi de la légende du « retour au pouvoir » qui aurait tenu de la Providence, en ce fameux mai 1958 dont, sous les gros pavés d’un autre mai, on célèbre ces jours-ci le cinquantième anniversaire. Or, ce retour n’a rien d’un miracle : d’une part, il fut de longue main préparé, d’autre part, il a beaucoup tenu à un élément qui n’avait rien de providentiel, la supériorité de la légitimité sur la léalité – supériorité plus que jamais d’actualité après la supercherie du prétendu « mini-traité de Lisbonne ». Revenons donc sur la légende qui voudrait faire croire que, en 1953, le Général ait décidé de « mettre en veilleuse » le RPF ; ce serait la ran?on logique de l’échec électoral d’un RPF presque partout contrecarré par la loi des apparentements, qui autorisait les partis du « Système », MRP, radicaux et socialistes, ˆ additionner leurs voix dans chaque département pour être réputés élus, même quand chacun d’eux en avait obtenu moins que le RPF, ou le PCF : devant le faible nombre de rescapés, et le ralliement d’une partie d’entre eux, la décision aurait pu se comprendre. Mais, à regarder de près, il apparaît bien que le Général décida tout autre chose : ce qui fut « mis en veilleuse », ce fut l’électoralisme du RPF, point son activité. Au contraire, le Général entendit faire de lui, certes discrètement, une sorte de réseau, ou plutôt une multitude de réseaux destinés ˆ préparer son retour par d’autres voies, certes plus souterraines.
1958 commence en 1951 Peut-on parler de « phalange » ? Selon la définition que donne Le Robert, « groupe dont les membres sont étroitement unis », il s’agit bien de cela. Le premier reflexe du Général, l’organisation de manifestations de rue, ayant vite tourné court - le 8 mai 1954, un rassemblement devant l’Arc de Triomphe ne réunit que deux ou trois mille militants -, l’action des fidèles s’orienta sur deux plans : d’un côté, ils développèrent le service d’ordre du RPF, confié au précieux Ponchardier, multipliant des groupes locaux à travers le territoire, doublés de réseaux dans certains milieux stratégiques - « service action », en somme, dont l’existence est bien ce qui manque aujourd’hui aux souverainistes, dont l’activité militante se borne à l’organisation d’inlassables réunions, aussi nombreuses qu’inutiles; d’un autre côté », ils acquirent assez de poids dans les partis du Système pour obtenir des postes ministériels, ce que le Général désavouait, non sans entretenir avec leurs titulaires de constantes relations, encourageant d’ailleurs la « double appartenance » (au RPF et à d’autres partis, que chacun choisissait selon ses inclinations). L’ensemble convergea lors du « coup de torchon » longtemps attendu, et finalement provoqué en 1958 par le drame algérien : ce fut l’opération « Résurrection », véritable coup de force auquel le Général lui-m?me donna son nom, et qui ne fut évité (ou plutôt rappelé, car il y eut un début d’exécution…) que par l’intervention du Président de la République, René Coty, se décidant, le 30 mai, à demander à Charles de Gaulle de former le Gouvernement. De cette convergence entre les réseaux, l’illustration parfaite fut donnée par le couple Chaban-Delmas/Léon Delbecque : si le premier n’avait pas été ministre de la Défense, le second n’ežt certainement pas pu agir comme il le fit en Algérie… Claude Mauriac ne fut qu’à moitié rassuré lorsque, s’inquiétant auprès du Général de ce qui lui apparaissait comme une stratégie de coup de force, il s’entendit répondre que « les coups d’Etat, malheureusement (sic !) ne mènent généralement à rien ». En réalité l’action directe, toujours nécessaire, ne porte ses fruits que lorsque l’immense majorité du « pays réel » (expression maurassienne que de Gaulle employa souvent) se défie d’un « pays légal » dont l’illégitimité, après mult artifices, est devenue patente. A juste titre, M. Debré justifia l’opération « Résurrection » par la ruse des apparentements : 1958 était bien dans 1951, rendu possible par l’action multiforme menée entre ces deux dates. Historiographie gratuite ? Si toujours plus d’ouvrages, d’émissions de télévision, de films et de musées sont aujourd’hui consacrés ˆ ce Général grand démophile plus que grand démocrate (s’il sauva par deux fois la Res Publica, il ne jugea pas nécessaire de se soumettre lui-même au suffrage universel, sauf en 1965, à 75 ans !, avec un résultat d‘ailleurs fort mitigé), c’est bien qu’il a encore quelque chose à nous dire : tôt ou tard, la légitimité l’emporte sur la légalité, une légalité obligée pour se survivre d’enfreindre ses propres règles. Telle est l’éternelle loi formulée ici par les signataires de l’appel, rédigé par Albert Salon et Henri Fouquereau après la « supercherie » du « mini traité » ( voir ci-dessous ), que nous invitons nos lecteurs ˆ signer et faire signer autour d’eux : toujours, une nouvelle légitimité se forge dans les profondeurs du pays et finit par s’imposer, le sauvant ainsi de l’anarchie, du déshonneur, et de ce qui les suit toujours, la ruine. APPEL Le traité illégitime de Lisbonne ne peut fonder aucun droit en France. Le peuple français a rejeté le 29 mai 2005 le projet de Constitution européenne. Ce même projet, sous la forme du traité de Lisbonne, a été ratifié dans le mépris du peuple et la trahison de l’indépendance nationale, grâce à l’approbation, au Parlement, de représentants non mandatés à cet effet. La souveraineté est inhérente à notre Nation ; nul représentant ne peut l’abolir. Or, le traité porte une atteinte mortelle à l’indépendance et ˆà l’unité de la Nation. Il met fin à notre liberté chèrement acquise, et à notre faculté de décider de notre avenir. En validant la charte des droits fondamentaux, il mène au communautarisme, à l’inégalité des droits entre Français et à la désintégration nationale. Illégitime, il est nul et non avenu, comme le seront les textes et jugements fondés sur lui. Les auteurs de cette forfaiture devront en répondre devant le peuple. Signataires : Jean Foyer, Pierre Lefranc, Prince Charles-Philippe d’Orléans, Général Pierre-Marie Gallois, Jean-Pierre Chevènement, Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Patrick Louis, Paul-Marie Coûteaux, Maxime Gremetz, Alain Griotteray, Michel Pinton, Philippe de Saint Robert, Albert Salon, Henri Fouquereau, Pierre Lévy, Alain Corvez, Jacques Dauer, Michel Debray, Henry de Lesquen, Jean-Paul Bled, Alain Bournazel, Colonel Alain Corvez, Henri Tisot, Yvonne Bollmann, et beaucoup d’autres... |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Le songe européen d'Attali - Français, venez en Irlande - Le Portugal renonce au
référundum
m Une certaine idée - Elections présidentielles en Serbie - Le coup d'état simplifié m Marchands sans temple - Ouvrez incontinent m Langues et civilisatiosn européennes - Européïsme, Communautarisme, m Chroniques - Péroncel-Hugoz
|
N°45 - Quand le roi était fou Médusant accélérateur de
l’histoire que ce M. Sarkozy !
Qu’il lui soit ici rendu hommage : c’est un peu grâce à
lui qu’éclatent enfin au grand jour les tares
de la « république » moderne, tant il les résume par
sa propre
personne aussi bien que par son « action », son
environnement
personnel et par dessus tout ses soutiens,
« nationaux » et
internationaux. De la république de pacotille, il est devenu une sorte
de
symbole pur et parfait ; du consternant modèle d’homme contemporain,
ignorant
de lui-même, de ses héritages, de ses devoirs, quelquefois de sa langue
même,
et qui s’agite comme un spectre à la surface de la terre, il est devenu
une
sorte d’incarnation idéalle ; de ce qu’on pouvait attendre d’un
souverain à
l’évidence dé, comme le fut longtemps avant lui le malheureux Charles
VI, ce
malheureux roi qui, devenu fou après un accident de chasse, livra croissance en baisse (moins de
2 %), signe d'une profonde et
durable dépression économique, pour ne pas parler de l'état désastreux
des
finances publiques, désormais impossibles ˆ redresser : pôles symptomes
de tout
le reste, qu’on ne saurait énumérer en détails mais qui saute aux yeux
et que
tout honnête Français rumine àlongueur de journée comme on boit la lie. Que pouvait-il surgir de ces
décombres ? Nul sauveur,
puisqu’il vient toujours, comme l’a si bien écrit Richelieu,
« un moment
où l’organisme politique est si affaibli qu’il n’est plus en état de
supporter
les remèdes les plus nécessaires »- et que, de toutes façons,
se sauver
collectivement, les Français ne l’espèrent même plus, tout occupés
qu’ils sont
à leur sauve-qui-peut- particulier, finalement à un égoïsme sacré qui,
s’étant
paré du noble nom de « libéralisme » s’affiche
désormais partout,
comme une conquête ultime. Rien ne peut sortir d’un Etat si désarmé que
le
notre, paralysé par sa propre graisse, et tant privé d'autorité qu’il
renonce à
défendre l’idée même d’autorité - à commencer par celle, qui se nomme
souveraineté, de son chef, lequel a tant perdu de ses véritables
prérogatives
que ce qui dépend encore de lui, au moins une fonction de
représentation, il
était inévitable qu’il y renonce, préférant fuir dans d’inquiétantes
extravagances. Continuer L’Indépendance ? Quand les yeux s’ouvriront-ils
? L’affaire du Kossovo, si
évidemment lourde de dangers pour toute l’Europe, et notamment pour Y aura-t-il enfin, un jour, une
véritable opposition ? Qui
osera enfin dire cette chose simple : que plus rien n’est possible pour
|
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - NCE : Toute la presse en parle...peu ! - Intervention à l'assemblée
nationale - La revanche de
l'établissement
- Europe de la défense m Une certaine idée - Erreur de perspective en Russie - Le désarmement européen m Marchands sans temple - Ouvrez incontinent m Langues et civilisatiosn européennes - Histoire de la Prusse m Chroniques - Péroncel-Hugoz
|
N°44 - L'Insulte faîte au peuple Nous avions, en 2005, gagné à
la loyale. C’est dans la
déloyauté, sous le masque parlementaire, que l'adversaire prend
aujourd'hui sa
revanche. Il nous faut à présent mener la troisième partie comme nous avons mené la première,
par la précision et la
constance de l'information, par les faits et les mots pour les dire:
par la
parole au peuple. Souvenons-nous des conditions
de 2005 : il fut partout noté
dans les pays étrangers l'application avec laquelle les citoyens
français
s'étaient informés du contenu du texte Giscard non toujours dans ses
détails
mais dans ses principes, ce dont témoigna le succès des nombreuses
éditions du
texte de M. Giscard d'Estaing, comme de l'effervescence du débat
national,
aussi bien sur le foisonnant internet qu'à l'occasion de réunions
publiques
organisées partout dans le pays. Pauvres Français ! Ils se sont
appliqués, puis
se sont prononcés, et tout cela en vain… Trois ans plus tard, on
comprend
l'actuelle indifférence ou désabusement populaire pour la chose
publique - que
l'on s'acharne d'ailleurs à réduire aux affaires domestiques, voire
même
sentimentales… « A mort la politique ! « s’est juré
son vieil
ennemi, l’argent. Le plus grave est ce dont l’actuelle atomie populaire
est le
signe, celui d'un peuple qui sort de l'histoire, découvrant qu'il lui
est
désormais interdit d'envisager toute politique, économique, monétaire,
aussi
bien qu'industrielle ou agricole, comme toute politique étrangère
etc... la
vérité est que l'histoire et la démocratie ont été confisquées sous nos
yeux
incrédules par une sorte de classe supranationale qui flotte au-dessus
des
nations, et dont les maîtres, qui ne veulent appartenir à aucune
d'elles (et
surtout pas celle dont ils sont originaires), ne font plus que nommer
des
"gouverneurs" chargés de la "gouvernance" de tel ou tel
district : ainsi M.Sarkozy pour le « district
France ». Nous voici
arrivé au régime oligarchique que déjà Aristote voyait naître, comme
naturellement dans la décadence des Républiques. Certes nous savions
qu'en
France celles-ci finissent mal : La
question européenne se joue en France
|
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - P. Mandelson, le petit
frère de F. Bolkenstein - La revanche de
l'établissement
- Europe de la défense m Marchands sans temple - Les derniers de la case m En toute indépendance - "Le traité de Lisbonne est inacceptable" m Chroniques - Péroncel-Hugoz |
N°43 - N.C.E. : La France défendra son Nom "Il
est plus facile de l'égaliser certaines choses que
de les légitimer" Chamfort « Ce sont ces gens là qui ont brûlé
le
Reichstag ! ». Ainsi s'exprimait le mercredi 12 décembre, en
sortant de
l'hémicycle, M. Watson, Président du groupe libéral, littéralement
ahuri par la
bronca que venaient de soulever les députés eurosceptiques au moment où
MM. Pšttering,
Président du Parlement, Barroso, Président de "Les Parlements nationaux étant en principe plus disciplinés que les citoyens, on peut tabler sur une ratification réussie l'année prochaine, et une entrée en vigueur du traité dès le 1er janvier 2009". L'auteur se rend-il compte qu'il postule ainsi comme une évidence que la décision est prise à l'extérieur du corps politique ? Et sait-il par qui ? Un centre de pouvoir nouveau, sans nom et sans visage, en réalité des oligarchies supranationales qui choisiraient la voie la plus "disciplinée" pour légaliser leurs décisions. Nous entrons en des temps très nouveaux : la légitimité n’est plus dans le peuple ; finalement, elle n’existe plus. Devoir de désobéissance Car légaliser n'est pas légitimer, c'est làtout le problème. Si le souci de légitimité disparaît, ce sont alors les pouvoirs, quels qu’ils soient, et les décisions qu’ils prennent, qui ne sont plus légitimes. Invoquerons nous ici Saint Thomas d'Aquin, qui sur ce point fait autorité aujourd'hui encore au yeux de l'Eglise, pour avancer l’idée que, en de telles situations, la désobéissance n’est plus seulement un droit, mais un devoir ? En supprimant la souveraineté, on met en grand danger la légitimité ; nous le savions ; la preuve en est à présent faite. C’est ainsi l'idée même de la politique et finalement la polis qui se trouvent remises en question. Nous voici guettés par une sorte d'anarchie où l'ordre social plus ou moins assuré par des pouvoirs légitimes cède le pas à un désordre rampant où derrière l’apparence des « pouvoirs publics », assortie d’un autoritarisme pour ainsi dire compensatoire (la lutte frénétique contre le tabac, les radars le long des routes, la vidéo surveillance généralisée...), ce sont les pouvoirs de fait, c'est-à-dire les puissances privées, qui mènent la danse... Or,
quand la politique recule, c'est la violence qui gagne
de proche en proche tout le corps social. Il n'est point étonnant que
les
foyers s'allument de toutes parts, à Toulouse ou à Villiers-le-Bel,
point
étonnant que l'on entende des phrases qui, il y a quelques années
encore,
auraient paru ahurissantes, tel celle-ci, relevée sur le blog d'un
“collectif
de Sarcelles” stigmatisant "le néocolonialisme français dans les
banlieues". Logique stupéfiante, certes ; mais elle a déjà reçu une
sorte
d'onction ˆ large échelle par la pulvérisation générale des
souverainetés - par
exemple, ˆ quelques centaines de kilomètres de Paris, 13 décembre 2007 |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - "Nouveau nom, même contenu" - Le silence des grands médias - La légèreté des élus - Respecter le peuple m Marchands sans temple - La faillite totale de la PAC m En toute indépendance - "Le traité de Lisbonne est inacceptable" m Chroniques - Péroncel-Hugoz |
N°42 - N.C.E. : le coup d'Etat "Nous n'avons pas le droit de dire Non" Nicolas Sarkozy En regardant tout à l'heure M. Sarkozy se vanter, devant le parlement de Strasbourg, d'avoir en quelques mois " relancé l'Europe ", il était visible que l'affaire de la Constitution prenait une dimension proprement historique - quand bien même scellerait-elle justement notre sortie de l'histoire : la formidable passation des pouvoirs des nations à " l'empire européen ", comme dit M. Barroso, est l'oeuvre d'une hégémonie prête à tout, jusqu'à remettre ouvertement en cause le suffrage universel, dont dépend pourtant toute légitimité, donc toute autorité véritable, et tout ordre public. Nous le savions et le répétions : quand la souveraineté s'efface, la souveraineté populaire, c'est à dire la démocratie, est en grand danger. De la première, et de la façon dont elle se trouve pulvérisée par la Nouvelle Constitution Européenne (la N.C.E., comme il faut désormais nommer le prétendu " traité simplifié "), nous avons dit ici l'essentiel dès ce fameux 23 juin où, comme l'admet M. Sarkozy, "les dirigeants européens ont pris une responsabilité décisive". Certes L'Indépendance et son équipe furent bien seuls alors à saisir la supercherie et tenter d'alarmer l'opinion, tandis qu'une part notable de la gauche et la quasi-totalité de la droite étaient fascinés comme serpents à sonnettes par l'extraordinaire faconde du grand manieur de mots. Il n'est cependant pas sûr que la partie soit jouée ; l'avocat madré fut souvent interrompu par des interjections (" référendum ! ") venus des bancs eurosceptiques, pas seulement français, et nous aurons au moins la satisfaction de voir reconnue l'évidence que la N.C.E. n'est que la reprise, sous un maquis de ruses juridiques, de la défunte Constitution ; tout le gotha européen en a fait l'aveu (cf. La Lettre de l'Indépendance n° 41), et jusqu'à ce député allemand avouant benoîtement : "Pourquoi voulez-vous un autre référendum puisque c'est le même texte ?". Cela ne nous empêche pas d'analyser de près ladite N.C.E., objet du prochain numéro de nos Cahiers de l'Indépendance : il importe que nos lecteurs la connaissent assez pour l'évoquer autour d'eux, en premier lieu auprès de leurs élus, députés ou sénateurs, lesquels s'acharnent à n'en point parler, voire à tout en ignorer à l'heure même où ils s'apprêtent à l'approuver. On aperçoit des lueurs : au PS, les nonistes relèvent la tête au point que la direction a dû concéder la liberté de vote à ses parlementaires ; à l'UMP, dont les élus s'imaginent ne pas trahir la France parce qu'ils le font en choeur, quelques scrupules surgissent ici ou là, sur lesquels on peut encore tenter d'agir. Si l'on veut obtenir la minorité de blocage des 2/5ème lors de la révision constitutionnelle préalable, il faut casser la course de vitesse sur laquelle compte M. Sarkozy pour mettre tout le monde devant le fait accompli en jouant sur l'ignorance, afin que le processus de ratification mène jusqu'en février et que la France ne soit pas le premier pays à ratifier, ce qui serait un coup de poignard à nos amis souverainistes européens (la Pologne pourrait précéder) ; pendant ce temps, des anicroches peuvent survenir ici ou là - comme en Irlande, où le référendum se présente sous les meilleurs auspices. A nous de dissiper l'énorme mensonge présentant "le mini-traité comme reprenant les points qui ont fait consensus entre les Oui et les Non" ; tel est l'objet d'un appel que M-F. Bechtel, P. Lévy et moi-même lancons ces prochains jours (cf. p. 9), et de l'importante journée du 12 décembre .(1)
Le
coup d'Etat permanent
Quoi qu'il en soit, l'affaire dépasse la seule question européenne : le point central est bien l'insulte faite au peuple français par son Président, cela aux yeux de toute l'Europe. L' écoutant tout à l'heure, je songeais à la curieuse phrase qu'il avait prononcée en mars 2005 devant une convention de l'UMP : "Nous n'avons pas le droit de dire Non " : il faut la comprendre au pied de la lettre. En réalité, nous n'avons jamais eu le droit de dire Non à un processus qui dissout notre pays depuis des décennies, en sorte qu'il s'apparente à un coup d'Etat larvé - d'origine en grande partie juridictionnelle. Des professeurs de droit public, tels le recteur Armel Pécheul, Michel Clapié ou Anne-Marie Le Pourhiet (cf. Les Cahiers de l'Indépendance n°4) s'accordent sur cette qualification, la plus grave qui soit. M. Sarkozy en fit d'ailleurs l'aveu à Strasbourg en expliquant devant la conférence des présidents : nous ne pouvons, dit-il en substance, prendre le risque d'un nouveau référendum négatif qui en entraînerait d'autres dans des pays " tangeants " comme la Grande-Bretagne (où les travaillistes ont été élus en promettant de l'organiser, ce que réclament aussi les conservateurs), et condamnerait une fois pour toute le traité. Aveu époustouflant !… Ce coup d'Etat a des équivalents dans d'autres pays, en Suède ou au Danemark dont les Cours suprêmes ont estimé que la N.C.E. nécessitait une réforme constitutionnelle ; mais les Exécutifs passent outre, le Premier ministre danois M. Rasmussen étant allé jusqu'à anticiper les élections d'un an pour, muni d'une légitimité fraîche, faire passer la forfaiture ; en somme, le "coup" de M. Sarkozy fait école ! On ne saurait mieux dire que le processus de dissolution des nations d'Europe se fait désormais ouvertement contre les peuples. Que la cité reste libre, très vieille querelle depuis Athènes, qui savait déjà que l'empire de Macédoine tuerait la démocratie. Comme tous les menteurs, M. Sarkozy est le premier à se tromper lui-même, paraissant ne pas voir que son pouvoir se réduit et que ses engagements volontaristes ne pourront être tenus pour la simple raison qu'ils sont incompatibles avec la politique de Bruxelles (on en verra plusieurs exemples dans ce numéro). La conclusion ratée de son discours de Strasbourg annoncait bien des déconvenues : en lançant que la France se remettait au coeur de la construction européenne, il a refroidit d'un coup l'hémicycle, où l'on entend que la France suive et non qu'elle montre le chemin. Ultime illusion de l'illusionniste, qui se croit maître de tout au moment où il remise sa souveraineté dans un super-Etat dans la direction duquel sa voix ne pèsera guère plus de 8%. Tel sera peut-être le drame de M. Sarkozy, constatant que non seulement l'Europe ne sera jamais une France en grand, acceptant son magistère, son modèle politique, sa diplomatie, sa langue et sa civilisation. L'affaire belge qui voit les partisans de l'unité se réunir autour d'un slogan en anglais, "Belgium needs you", révèle que le plus petit commun dénominateur d'une Europe fédérale ne sera pas le modèle français mais l'américain, ce qui n'est la même chose que dans la culture tout entière télévisuelle de notre inculte Président. Le voyant devant nous rêver seul à la tribune, s'imaginer tout pouvoir alors qu'il ne peut déjà presque plus rien, on voyait aussitôt que, si la France est grande dans le monde elle n'est que très petite en Europe. Province d'un super-Etat illégitime, tatillon sur les petites choses faute de pouvoir accéder aux grandes, et finalement soumis aux pouvoirs de fait, elle pourrait, sans le réveil des patriotes, glisser peu à peu vers une sorte de secrète anarchie, toute parsemée de radars.
|
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Contre la Constitution,
agissez ! m En toute indépendance - La Pologne m Marchands sans temple - Les fonds touchent le fond ; l'étau des taux m Langues et civilisations européennes - Belgique : un avertissement pour l'Europe ? - Danger pour le français : le protocole de Londres m L'Europe aux anciens parapets - De la réforme intellectuelle et morale
m Chroniques - Guillaume Peltier |
N°41 - La supercherie Ce pourrait être un film d'Hitchcock, un roman de Kafka, une tragédie antique : tout se conjugue pour aller au pire, plus vite encore que les acteurs ne le croient. Il y a d'abord le calendrier, remarquablement mis au point par les oligarchies européennes pour faire ravaler au peuple français son Non de 2005 : une fois achevé le cycle électoral du printemps, il n'a plus droit à la parole pendant de longues années - il n'y aura de référendum ni sur la nouvelle Constitution, ni même, l'obligation constitutionnelle étant à présent remise en cause (cf. p. 8), sur toute nouvelle adhésion à l'UE... Fin juin fut annoncé un prétendu "mini-traité" (alors qu'il fera près de 3 000 pages !) qui, comme l'admettent les partisans de la Constitution Giscard, en reprend tous les points-clés - voir le florilège de ces aveux page 5. Par un lapsus, on apprit que la parade était préparée depuis 18 huit mois en silence, sous la forme de modifications en cascade des traités antérieurs, en sorte que si nous n'avons pas de texte récapitulatif à la Giscard (quelle imprudence : on pouvait le lire et le comprendre !), nous en aurons bel et bien toutes les dispositions-clefs camouflées dans un magma juridique volontairement illisible. A Lisbonne, donc, la Conférence Intergouvernementale n'eut pas de mal à boucler le traité qui sera peut-être signé dès le 19 ou 20 octobre, après quoi la ratification ira bon train, masquée en France par une réforme de la Constitution nationale servant de rideau de fumée, et des municipales auxquelles sont déjà affairés tous les partis quels qu'ils soient. Dans moins de six mois, l'affaire pourrait être entendue et notre Non définitivement escamoté. Il y a l'incroyable mystification "Sarkozy". Cet homme ment, trompant les Français dans des proportions dont le citoyen moyen, incroyablement crédule, n'a pas idée : aux viticulteurs, il affirme sa volonté, pour sauver le vin français, de "mettre le droit de veto de la France à l'OMC", mensonge époustouflant puisque la France n'y a pas même un siège, n'étant représentée que par un commissaire britannique, M. Mandelson - mais qui le sait ? S'exprimant à la télévision, il se déclare décidé à recourir à "la préférence communautaire" alors que le traité, justement, écarte définitivement toute protection commerciale quelle qu'elle soit. Il prétend lancer une grande politique méditerranéenne alors que les seuls volets utiles, le volet commercial et celui de l'immigration, ne sont plus entre les mains des Etats mais tout entier de l'Union européenne. Il multiplie les diatribes contre la BCE, tout en sachant qu'elle est pleinement indépendante, à quoi il fut toujours favorable, ainsi qu'à sa constante politique de protection du capital et de la rente qui mine les derniers efforts de l'économie française. Autant de diatribes sans effet, et il le sait, puisque son gouvernement a encore moins de pouvoir que celui de Vichy. Son seul but est de donner l'impression qu'il ne s'en laisse pas compter par "l'Europe" alors même qu'il s'y soumet, et que la Constitution privera l'Etat de ses derniers instruments, de la dernière chance de mener une politique quelle qu'elle soit. Il y a encore l'époustouflant silence médiatique au moment même où les constitutionnalistes en chambre parachèvent le futur traité. Certes, ce qui sortira de Lisbonne sera si enchevêtré, si égaré dans les chapitres, articles et alinéas des cinq traités précédents, qu'il sera difficile de lancer quelque débat que ce soit, et même de repérer les points essentiels : la création d'une présidence de l'Europe, d'autant plus dangereuse qu'elle sera incarnée (par Tony Blair dit-on ?), d'un ministre des Affaires étrangères (sans doute confié à l'ancien Secrétaire général de l'OTAN), d'ambassades européennes bientôt installées dans 118 pays du monde, d'une Charte des droits fondamentaux qui permettra à la Cour de Luxembourg, grande victorieuse de l'affaire (cf. p. 4), de placer sous surveillance toutes les législations nationales, pour ce qu'il en reste encore. Quant au nombre très étendu des décisions prises à la majorité (plus de 70 domaines arrachés donc aux Etats), il sera encore plus large que dans la Constitution Giscard puisqu'il inclura "la gestion des changements climatiques", "les réseaux transeuropéens d'énergie", "la normalisation des documents d'identité" - lesquels seront sans doute en américain, langue de l'Europe. Pendant ce temps, tout est bon pour détourner l'attention publique : tension internationale entretenue par les aboiements du petit militaire sans frontières, actualité sportive surchargée autant qu'il est possible pour distraire le bon peuple, et propagande en tous genres orchestrée par ce que M. Barroso a lui-même appelé "l'empire européen" (cf. p. 3). Mais nous savions bien que souveraineté et démocratie étaient indissociables et que la perte aux trois-quarts de l'une entraînait la ruine de l'autre. Il y a enfin l'éprouvant silence des porte-parole du Non, de Laurent Fabius tout occupé à se normaliser au PS jusqu'à Jean-Marie Le Pen distribuant cet été d'étonnants satisfecit à M. Sarkozy. Chacun est à sa petite soupe. Quant à ceux qui restent seuls sur le champ de bataille, on n'a nulle peine à faire valoir leur isolement : c'est le drame à l'état pur, quand le dernier combattant s'aperçoit que l'ennemi est plus puissant encore qu'il ne le croyait, et que ceux sur lesquels il comptait, au mieux ont déserté, au pire se laissent prendre par les sortilèges du plus acharné de leurs adversaires. Non, c'est non ! Nous n'en combattrons pas moins - sûrs que toujours l'Histoire se retourne, que nul ne se joue des peuples impunément et que l'aube pointe tôt ou tard, où les derniers d'aujourd'hui seront les premiers de demain. Fût-elle seule à l'oser, L'Indépendance et son équipe en appellent aux souverainistes de tous les horizons pour ouvrir les yeux sur l'énorme supercherie dont ils sont les victimes. Certes, notre peuple est atteint ; il est désuni ; on le trompe ; il doute. La plupart ont renoncé à toute espérance collective, et chacun se replie sur lui-même. Mais le coeur bat encore. Dans le grand reflux de la civilisation française, de la souveraineté de la nation, de l'autorité de l'Etat et finalement de la politique, les Français se retrouvent plus solitaires que jamais - mais ils sont des millions et des millions, les solitaires de France ! La politique n'est rien d'autre qu'une parole, une volonté, une espérance adressées à ces solitudes. A-t-on jamais vu un journal organiser une manifestation
de rue ? Et bien, nous le verrons le 19 octobre prochain ! Dans le
cadre de la campagne "Non, c'est non !" L'Indépendance
appelle tous ses lecteurs, tous ses amis et alliés, de quelque horizon
qu'ils viennent à se rassembler le 19 octobre : rehaussé par une action
spectaculaire sur laquelle on ne peut donner ici nulle information, le
rassemblement se fera Place des Victoires - symbole de la victoire du
29 mai, promesse de victoires prochaines : de toutes les victoires de
la France, passées et à venir. |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Quels pays peuvent bloquer
la Constitution ? - La Pologne ? m Une certaine idée de l'Europe et du Monde - Europe, Etats-Unis, Russie m Marchands sans temple - 11ème congrès de la Confédération Européenne des
Syndicats - Pour la Préférence Communautaire Agricole m Les souverainissimes - Jens-Peter Bonde m Chroniques - Guillaume Peltier |
N°40 - Mémorandum : Ce que contient la Constitution remaquillée Une Constitution remaquillée est toujours une Constitution. Bon connaisseur du débat institutionnel européen, M. Bourlanges s'émerveille du " traité modificatif " adopté le 23 aux petites heures : " Toute la Constitution est là ! Il n'y manque rien ! " ; et le Monde (24 et 25 juin) peut titrer : " Les symboles disparaissent, le fond reste ". Quelques jours après la fin du cycle électoral privant les Français de toute expression nationale avant longtemps, le sommet n'avait d'autre but que de reprendre le texte rejeté en 2005 en le remaquillant assez pour éviter un nouveau référendum. La manœuvre a donc réussi. Je mets en garde les Français : ne nous laissons pas abuser par les malicieuses déclarations des partisans les plus acharnés de la supranationalité qui font mine de regretter la Constitution, ici quelques mots, là quelques symboles, ni par une presse dupée par le maquillage, qui évoque une victoire diplomatique de M. Sarkozy, comme si la France qui a dit Non sortait victorieuse de l'épreuve : en réalité les nonistes sont refaits, ce que montre toute étude précise dudit "compromis" et de ses cinq points-clefs : 1-Personnalité juridique accordée à l'Union
: point cardinal du fédéralisme qui permettait au texte Giscard de
s'intituler Constitution, il est repris tel quel, certes discrètement.
A lui seul, il crée en effet un nouvel Etat qui peut désormais être
reconnu comme tel sur la scène internationale, ce qui permet de parler
de nouveau de Constitution. 3-Haut Représentant pour la politique étrangère : comme l'a avoué imprudemment Nicolas Sarkozy lors de son allocution télévisée du 20 juin, c'est un "ministre des relations extérieures sans le nom" ; mais, à l'instar du texte Giscard, il sera dès 2009 vice-président de la Commission, ce qui lui donnera un grand poids auprès des autres Commissaires, et se verra doté d'un "service diplomatique" - en clair d'ambassades, les quelque 120 actuels bureaux de l'Union dans les capitales étrangères étant débaptisées et étoffées, leurs agents bénéficiant (grâce à la personnalité juridique) d'immunités et privilèges diplomatiques. A terme, lorsque ce super-ministère aura pris son allure et son poids, les ministères nationaux seront marginalisés, ce que symbolise déjà la délocalisation du Quai d'Orsay annoncée par M. Kouchner. Quant à la référence à l'OTAN, elle peut disparaître puisque le nouveau texte renvoie explicitement au traité de Maestricht, dont le titre V fixait que "Les Etats veillent à la conformité de leurs politiques nationales avec les positions communes" (art. J-2), et précisait que celles-ci devaient être compatibles avec "les cadres de l'OTAN". A la politique étrangère commune, il manquait un instrument : le voici. 4- Décisions à la majorité qualifiée.
Quel que soit le mode d'adoption (système de Nice ou système appliqué
partir de 2014), l'essentiel est que le cercle des questions échappant
à l'unanimité s'élargisse considérablement ; outre les affaires
communautaires (politique agricole, commerciale, douanière et, surtout,
industrielle - dite "de concurrence", où la commission est pleinement
compétente), il inclut quarante nouveaux domaines, les uns d'ordre
économique (marché intérieur, énergie, recherche, politique sociale
"partagée" avec les Etats) et d'autres plus régaliens : coopération
judiciaire en matière pénale, porte ouverte au Parquet européen, et
coopération policière, amorce d'une "police fédérale" . Désormais, la
compétence de l'Union concerne quelque 70 domaines, soit l'essentiel
des décisions et de la responsabilité politique - manquent encore la
culture, l'éducation… 5-Charte des droits fondamentaux.
Elle s'applique désormais de droit (sauf pour la Grande-Bretagne, qui
jouit d'une dérogation) ; non reprise in extenso,
elle fait cependant l'objet d'une référence dans le texte, ce qui en
droit revient au même - d'autant que le droit est ici interprété par la
très supranationale Cour de Luxembourg. Ses dispositions justifient les
critiques que nous avions développées en 2005 : comment admettre par
exemple le droit pour tout citoyen de saisir la Cour européenne des
Droits de l'Homme aux fins de condamner un Etat pour non respect de
principes très généraux - tel celui de l'égalité, qui inspire déjà la
reconnaissance de l'homoparentalité ou du mariage homosexuel, ou celui
de la liberté religieuse contre un Etat appliquant une législation
laïque - telle la loi sur le voile ? (1) Il y a deux ans, les supranationaux étaient décontenancés par le double non français et hollandais ; nous savions qu'ils chercheraient une parade. Elle fut simple et terrible : le problème venant de la France, c'est elle et ses Français qu'il fallait circonvenir ; pour les oligarchies européennes, il aura suffit d'attendre l'élection présidentielle et de trouver un homme assez rusé pour s'imposer, avec leur aide, et capable, une fois doté d'une fraîche légitimité d'annihiler en leur nom le Non des Français : la supercherie a parfaitement fonctionné. Restait à faire quelques concessions aux récalcitrants : un plus long délai pour la consultation des parlements nationaux, à la demande des Pays-Bas (et de partis danois) ; la prolongation pendant dix ans d'un système de pondération des voix qui avantage beaucoup une Pologne qui, elle, s'est bien battue - essuyant des quolibets innombrables : on moqua une phrase de son Président rappelant que, sans l'agression allemande de 1939, la Pologne aurait aujourd'hui quelque vingt millions d'habitants supplémentaires : un pays qui en détruit un autre peut-il, soixante ans plus tard, arguer de sa faiblesse pour le faire taire ? Il est vrai que l'habitude est désormais installée de tourner en dérision tout pays qui prétendra affirmer ses droits et ses principes. Il y a quelque chose d'insupportable dans l'actuelle fanfaronnade de M. Sarkozy assurant que "en un mois et demi, il s'est passé plus de choses qu'en deux ans", ce qui est vrai : il s'est passé ceci que la France a été trahie par un ensorceleur qu'elle a pour son malheur placé à sa tête et qui peut désormais parler en son nom. Ceux qui, en votant pour M. Sarkozy ont permis cette supercherie portent une lourde responsabilité devant notre histoire. J'appelle solennellement les Français qui ont dit Non à déjouer les propagandes - d'abord pour eux-mêmes ; je les appelle à étudier de près les informations qui filtreront de la prochaine Conférence Intergouvernementale et le texte définitif signé en octobre ; je les appelle à se mobiliser pour exiger que sa ratification soit soumise à référendum ; je les appelle à exiger pour la France un statut à tout le moins comparable à celui de la Grande-Bretagne, et des protections pour les droits, les principes et les intérêts de la France et des Français - et d'abord le respect de la démocratie, c'est-à-dire de la souveraineté populaire, dont on ne voit que trop qu'elle disparaît avec la souveraineté nationale ; je les appelle à agir sur les partis ou les solidarités diverses qui peuvent permettre de faire barrage lors du Congrès qui devra modifier une nouvelle fois notre Constitution ; je les appelle à manifester les troisièmes vendredis de chaque mois, à compter du 19 octobre, quelles que soient leurs opinions ou leurs inclinations, pourvu qu'ils soient attachés à la survie de la France comme Nation libre parmi les Nations du monde. |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Charles Quint en jupons - Le gouvernement des
Pays-Bas tente de résister - L'Europe du Comte de Paris - 50 ans de destruction de
la démocratie m Une certaine idée de l'Europe et du Monde - L'Oncle Sam, premier conseiller - L'Europe vassale : la preuve par les missiles m Marchands sans temple - Les relations U.E.-E.U. dans un transat - Scènes de casse en Bavière - Deux erreurs sur l'euro m Langues et civilisations - "Résister tous les jours" m L'Europe aux anciens parapets - Malaise européen : que dit et peut faire la
psychanalyse ? m Chroniques - Daniel Hamiche |
N°39 - Adoubé par l'Allemagne Que tout aille vers le pire, on s'y est habitué ; mais si vite, cela donne le vertige ! Aussitôt élu, le nouveau Président de la République partit donc au large de Malte pour " habiter " sa fonction dans la conception qu'il en a, c'est à dire sur un yacht prêté par un magnat de ses amis. Quand à l'investiture, la poignée de mains aux anciens combattants sous l'arc de triomphe ne fut qu'une formalité, la descente des Champs Elysées un vieux folklore vaguement provincial : aussitôt, il s'envola pour Berlin et reçut de la Kaiserin Angela l'onction du saint Chrème ; à quoi d'autre servit l'escapade germanique du premier jour ? Voici, comme aux temps du saint Empire, le Président adoubé en Allemagne... L'instinct de vassalité Une providence facétieuse a voulu que la présidence de l'Union européenne soit en cette circonstance dévolue à l'Allemagne. Eloquent symbole : L'instinct de vassalité dont témoigne M. Sarkozy rappelle les grandes heures de l'Empire central dont la France consentit tant d'efforts pour se défaire depuis les Othon et les Habsbourg, puis d'autres. Las ! Comme il arrive souvent, le symbole ne fait que cacher une réalité : le nouveau Président a d'ores et déjà consenti au nouveau traité " européen ", qui, prudemment, ne sera pas constitutionnel par son nom mais qui le sera dans son contenu, traité que la même Mme Merkel concocte depuis des mois attendant patiemment que les Français du "Non" placent à la tête un homme qui, paré d'une toute neuve légitimité, dise "Oui" à leur place. C'est fait ; l'Allemagne triomphe, et l'on ne parle plus à Paris que de sortir l'Europe de " l'impasse ", pour reprendre les termes des nouveaux responsables français des affaires européennes, MM. Kouchner et Jouyet - deux socialistes, curieusement, et, surtout, deux fédéralistes convaincus. Mais tel est depuis toujours celui qui, alors président de l'UMP, proclamait lors de la campagne référendaire : " on n'a pas le droit de dire Non " et qui, tant sont distraits ou malléables les Français, est depuis lors devenu Président de la République… Ah, certes, les " nonistes " étourdis qui ont accordé leurs suffrages à Nicolas Sarkozy, et ceux qui les ont appelé à le faire, portent une lourde responsabilité. C'est avec leurs voix que M. Sarkozy négocie le compromis qui ne manquera pas d'éclore lors du Sommet européen des 21 et 22 juin. Certes, on prendra la précaution de débarrasser le texte des symboles les plus voyants de la supranationalité, le ministre des Affaires étrangères de la Constitution Giscard sera "Secrétaire aux Affaires étrangères", l'article sur les symboles de l'UE, hymne et drapeau, disparaîtra comme déjà superflu ; certes, le texte sera court ne comportant que les dispositions essentielles d'un ensemble fédéral, soit le principe des décisions prises à la majorité qualifiée et la supériorité du droit bruxellois sur toute norme nationale ; certes le titre II (dit "Charte des droits fondamentaux") ne sera qu'optionnel pour certains de ses articles, et, quant au titre III sur les politiques économiques et sociales, il sera ensuite facile à adopter par les mécanismes supranationaux ainsi mis en place (voir nos dernières informations pages 2, 3 et 4). Telles sont, à ce que les parlementaires européens peuvent aujourd'hui apercevoir, les grandes lignes du texte qui sera adopté au Conseil de juin, mis au point lors d'une rapide Conférence Intergouvernementale (CIG) réunie sous présidence portugaise, et finalement signé avant la fin de l'année, vraisemblablement à Lisbonne. Viendra alors, au 1er janvier prochain, la présidence française et l'on ne doute pas que nos parlementaires auront à coeur de montrer l'exemple en autorisant parmi les premiers sa ratification. Le scénario est en place et il est d'autant plus prévisible que Nicolas Sarkozy l'a annoncé depuis un an, ne faisant que prendre la précaution de dire, lors du débat télévisé le confrontant à Mme Royal, qu'il n'y aura pas de Constitution européenne - ce qui est vrai dans la forme mais faux quant au fond, et tient de la ruse verbale de haut vol (comme un certain "Je vous ai compris" du général de Gaulle...). Du moins les électeurs de M. Sarkozy ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas prévenus ! Un avenir radieux Tout n'est pas joué pour autant, sinon à court du moins à moyen terme. Si le nouveau Président français a magistralement compris qu'il ne serait élu qu'en captant les voix de la droite nationale, ce sur quoi il se trouva contraint d'insister en fin de campagne par la vive concurrence de M. Bayrou, et si, ce faisant, il priva ladite droite de la moitié de ses voix, les masques semblent vite tomber : la composition des " équipes " le confirme, tandis qu'on pavoise, à Bruxelles, Berlin et Washington en célébrant la "normalité retrouvée" de la politique française. Mais, en oubliant déjà son aile nationale, en multipliant les signaux à son antipode, cette "gogoche" mondialisée que symbolise M. Kouchner (qui fut l'un des rares partisans en France de l'invasion de l'Irak, et de l'entrée de la Turquie dans l'UE), M. Sarkozy prend de gros risques. Le paradoxe du jour est en effet lourd d'orages ; à la
faveur du débat présidentiel, l'hégémonie intellectuelle qui s'installa
dans les années 70 dans la foulée de 68, et qui a duré trente longues
années, fut une bonne fois pulvérisée, comme le 29 mai 2005 en avait
déjà donné le signal : on peut de nouveau parler de nation, d'autorité,
de discipline, et de ce qu'il est convenu d'appeler " l'identité ",
c'est-à-dire la volonté pour la France de rester ce qu'elle est, un
Etat souverain, une nation à la voix indépendante, une civilisation
singulière. Mais, après avoir si bien paru épouser cette cause, M.
Sarkozy a ouvert les vannes à de puissantes eaux sur lesquelles, Union
européenne oblige, il ne pourra surfer longtemps ; elles pourraient
bientôt le déborder largement sur la droite : les souverainistes auront
alors beaucoup d'eau sous la coque - et cela d'autant plus vite que
tout montre déjà, trois semaines après son élection, que M. Sarkozy n'a
guère compris " la rupture " tant promise aux gogos autrement que dans
le style : finie la solennité de la République, dépassés les rites et
les emblèmes de la France, réduite au rang de province ! Désormais, nos
as de la gouvernance font du jogging ! |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières nouvelles des Cabris - Citoyens à vos plumes,
- Le traité de Rome est supra national - Sortir de l'Union Européenne -Sortir de tant d'impasses
|
N°38 - Rome ? Mission accomplie ! "On ne comprend plus la France. Ce sont les Français qui ont bloqué le processus constitutionnel mais ce sont ses ministres qui se montrent les plus acharnés pour le relancer ! Et maintenant vos sondages ne donnent de chances qu'à des tenants du oui !" Que répondre à ce député suédois, sinon qu'atteint un paroxysme l'opposition entre le pays légal et le pays réel ? Situation emblématique de l'état de notre système de représentation, de notre démocratie, et du lent détricottage de ce qui fit la France : à mesure que s'affaisse la souveraineté, la légitimité s'étiole, avec elle l'autorité politique, le respect des lois, finalement l'ordre public ; en retour, à mesure que le pouvoir légitime s'affaiblit au bénéfice des puissances de fait, il ne se trouve plus d'autorité pour défendre la souveraineté nationale et popuplaire ; dans ce cercle vicieux s'abandonne la République française, notre Royaume de France. Point fort devenu notre point faible, la souveraineté est dans la ligne de mire : sonnées pendant plus d'un an par le référendum du 29 mai 2005, les oligarchies européennes sont reparties à la charge sous présidence allemande, pour imposer à la France, par quelque voie que ce soit, la désastreuse signature par laquelle elle renoncera au cadre national, c'est-à-dire à la démocratie, au Bien commun, finalement à sa politique, et à la politique tout court. Cette relance brutale bénéficie d'une circonstance de choix, propice à toutes les propagandes, le 50ème anniversaire du Traité de Rome, célébré les 24 et 25 mars dans les flonflons de Berlin. Rome-Berlin, vieil axe ! Il symbolise à merveille la permanence des forces qui n'ont jamais admis l'Europe dans sa complexion particulière, pourtant celle que donne le Robert : une collection de nations. Ce qui prétendit se construire par le droit à Rome en 1957 ne fit que traduire l'obsession qu'ont poursuivie tout au long du XXème siècle les oligarchies européennes : faire disparaître les nations, c'est-à-dire les peuples et avec eux les droits politiques, économiques, sociaux, éducatifs et culturels acquis dans leurs cadres. Depuis un siècle, et la mode des " Internationales ", ce n'est pour les prétendue élites qu'une longue fuite de soi, et de leurs peuples, pour rejoindre un Empire quel qu'il soit, russe, allemand ou américain. On se souvient du fameux "Le temps des patries est fini" lancé en 1921 par Drieu, emblématique personnage qui commença par "mettre tous ses espoirs dans l'Amérique" puis de les mettre dans l'Allemagne nazie et finalement dans la Russie soviétique à laquelle il confia ses derniers rêves, avant un suicide lui-même emblématique… Or, la vieille Europe est la seule Europe - tant il est vrai que les peuples pas plus que les hommes ne se changent. C'est l'Europe, ses traditions et ses principes, religieux, philosophiques, moraux ou politiques, qu'on liquide sou nos yeux ; c'est l'Europe qu'ont trahi en 1957 le franco-américain Jean Monnet, patron de la banque de San Francisco " Bankamerica-Blair " et cette kyrielle d'atlantistes obeïssant aux lubies d'un Rockefeller sur " l'ère de l'unité mondiale " (1945), ou du sénateur américain Paul Warburg répétant : "Qu'on le veuille ou non, nous aurons un gouvernement mondial. Si ce n'est pas consentement, ce sera pas la force" ; c'est l'Europe que paralysent les mécanismes mis au poinst à Rome (à commencer par la Commission de Bruxelles et la Cour européenne de Luxembourg) aux fins de mélanger les peuples " comme on fait une purée de marrons " selon la savoureuse expression d'un de Gaulle qui n'accepta le Traité que pour honorer l'engagement de la France ; il échoua finalement à lui donner sa seule subtance concevable, la préférence européenne, c'est à dire un protectionisme organisé, doublé d'une politique industrielle, agricole et culturelle commune, Europe raisonnable dont on ne cessa de s'éloigner avec " l'acte unique " de 1986, le traité de Maastricht de 1992, celui d'Amsterdam en 1997, et finalement l'apothéose, la Constitution unique ! Cette ultime bataillle constitutionnelle sera la plus acharnée - des deux côtés - en ce qu'elle bouclera ou au contraire déjouera la mécanique engagée voici un demi-siècle, dont Michel Clapié rappelle l'origine bel et bien supranationale, et dont un parti au moins, le RIF (Rassemblement pour l'Indépendance et la Souveraineté de la France) vient de réclamer que, après 50 ans d'errements, la France se délivre. Bataille gagnée ou perdue ici et maintenant, en France, épicentre de la résistance des nations (comme le rappelent nos collègues du groupe ID, qui nous aident à lancer la campagne " NON C'EST NON " dont on trouvera ici les détails). Bataille rude, mais point perdue. Les européistes qui pavoisent à Berlin sont victimes de leur succès : l'Europe sort de l'histoire ; réduite à des principautés sans souveraineté, donc sans dimension politique, et sans défense (même au sens propre, celui de l'OTAN), elle est la zone économique du monde au plus faible taux de croissance, la moins protégée des concurrences étrangères comme de l'immigration de masse, tandis que ses jeunesses sont décollées de leurs racines pour être reformatées sur le modèle américain (il est significatif qu'on ne parle plus qu'américain dans les instances dites européennes) ; voici "la 51ème étoile du drapeau américain" pour reprendre le titre d'un ouvrage de Philippe de Villiers. Rome ? Mission accomplie ! Mais l'histoire continue : l'Empire perd sa force et son prestige, immenses en 57, mais désormais menacés l'un et l'autre ; les peuples, prévenus contre la propagande supranationale ou mondialiste qui les agglomèrent dans l'immense nasse des consommateurs mondiaux, bronchent de tous côtés : que le double "non" français (en 2003 sur l'Irak, en 2005 à la Constitution) soit pour tous le môle de la résistance, et de la lutte sans cesse recommencée pour l'Indépendance ! |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Etre Chrétien en Turquie - "Les anti-fédéralistes
sont des chiens" m Marchands sans temple - Pierre Lévy m Langues et civilisations - "Pour un véritable multilinguisme en Europe" m Une certaine idée de l'Europe et du Monde - La réforme intellectuelle et morale m Les souverainissimes - "Il faut terminer le travail du 29 mai 2005" m Chroniques - Guillaume Peltier m Les Cahiers de l'Indépendance - Extrait de "Une voix venue du fond des siècles" |
N°37 - L'Europe armure Voici donc revenus les rois thaumaturges : l'une touche le paralytique comme aux temps lointains le doigt royal guerrissait les écrouelles, l'autre promet à une brave citoyenne de rembourser ses dispendieuses lunettes, tandis qu'un prétendu " troisième homme " fait assaut de proximité ; chacun se précipite à Toulouse pour combler de bonnes paroles les milliers de travailleurs d'Airbus que leur incurie a mis à pied, tout ce petit monde férocement ouiouiste communiant dans une sorte de France d'après l'Europe, ou d'après l'Histoire, où, réduite à une sorte de vaste région allant du Rhin à l'Atlantique, elle n'aurait plus droit au chapître révolu des grandes affaires. Aura-t-on le cœur à rappeler que le président de la Vème République a justement pour fonction de se mêler desdites affaires, c'est à dire d'assurer non la gestion mais le cadre même de l'action publique ? Qu'il a d'abord celle de veiller au bon fonctionnement des pouvoirs publics, c'est à dire, au premier chef, à l'autorité de l'Etat, laquelle n'a guère ses chances quand l'Etat en question n'est plus qu'un exécutant trainé devant un tribunal international quand il n'exécute pas (au cours des dix dernières années, la Commission a saisi 418 fois la Cour Européenne de Justice pour y faire condamner la France) ? Qu'il lui incombe d'incarner l'unité nationale, mission devenue impossible quand le peuple s'effiloche et que le Système ne veut connaître que des oligarques décidés à dire oui là où il a dit non - un non qui fut peut-être le dernier souffle de l'unité ? Bref, le programme est dans la fonction, laquelle se résume dans la souveraineté : exercice certes délicat quand ladite souveraineté est interdite, en sorte qu'il reste à la politique ce que l'onguent est aux lésions cancéreuses, misérable palliatif que M. de Villiers nomme justement la " politique compassionnelle ". Va donc pour le remboursement des lunettes… A moins de choisir une potiche pour faire semblant, parmi les mots perdus, les comédies et les brumes, de présider à l'a-république, le seul sujet de l'heure est la souveraineté, et donc l'Europe dont la souveraineté dépend presque toute entière. Est-elle capable de prolonger l'action des Etats, en renforçant leur capacité d'action intérieure et extérieure (notemment en matière de politique agricole, industrielle ou commerciale) ou bien doit elletout au contraire les paralyser au nom d'une République européenne mais au bénéfice d'une Oligarchie Centrale qui cache mal toutes les autres ? Heureux hasard, le grand anniversaire du traité de Rome coïncide, à la fin de ce mois, avec le lancement de la campagne véritable, laquelle trouvera ainsi, peutêtre, une chance de devenir sérieuse : l'heure est donc venue de dire l'Europe que nous voulons. Du traité de Rome lui-même, nous traiterons dans un numéro spécial de la Lettre de l'Indépendance publiée à l'occasion du 25 mars : observons pour l'heure que, bien que cela ne suffise pas à le sauver à nos yeux, il permit l'édiction de la seule mesure capable de protéger notre tissu économique : la préférence communautaire. Certes, celle-ci ne concerna que l'agriculture, et ne tarda pas à s'effilocher sous les coups de butoir de l'OMC et des divers relais du mondialisme avant de disparaître dans les années 90 ; il reste que, devant les urgences de la désertion des campagnes et de la déindustrialisation, l'ultime pari à tenter est de proposer à nos voisins un système de préférences généralisées, qui comprenne, outre l'agriculture, les industries réputées les plus sensibles, à quoi devraient s'ajouter les productions audiovisuelles : que les Européens s'achètent entre eux ce qu'ils produisent et ce qu'ils créent, ou l'Europe ne signifira bientôt plus rien. Qui le voudra ? Il faudrait, pour commencer, que la France se dégage des dogmes de l'infernal libre-échange qui ruine paysans et travailleurs européens autant qu'il maintient dans la misère des pays qui n'attirent des capitaux qu'en raison de leur bas salaires ; et que, ne pouvant se protéger seule, elle trouve un nombre suffisant de partenaires pour parvenir à cet effet d'armure qui, à la fois offensif et défensif, est la seule façon de contre-attaquer. Hélas, dans un continent qui a perdu tous ses reflexes, celui de se protéger paraît de moins en moins naturel : le pari est donc des plus aléatoires, suspendu à des urgences ou des crises sociales qu'un enchevêtrement de cautères, c'est à dire la dépense publique, parvient à repousser sans cesse. Il reste que la préférence communautaire est la pierre de touche de toute Europe raisonnable, la condition d'une mise en place d'une politique industrielle, et, en amont d'une politique de la recherche, l'une et l'autre confiées à des " agences de projets " bien plus nécessaires que le juridisme paralysant des " super-états ". foin des architectures : des coopérations scientifiques et industrielles ! Foin des lois supranationales : des partenariats à géométrie variable, relayant les efforts des Etats au lieu de tenter de les réduire ! Cinquante années d'expérience ont abondemment montré qu'il n'existe pas d'autre intérêt européen commun que celui des coopérations, qu'il n'existe pas de " République européenne " transcendentale, chaque Etat restant farouchement attaché à ses intérêts propres et par domaine permanents. S'il fallait une preuve que perdurent les prismes des Etats la politique de l'Allemagne la fournirait ces temps-ci d'abondance ; L'affaire d'EADS, a montré à nos esprits simples combien les Etats demeurent des monstres froids : ce n'est certes pas son savoir-faire dans la machine outil que l'Allemagne a partagé, mais l'excellence française dans l'aéronautique, domaine où, partie de rien (nulle industrie aéronautique allemande il y a vingt ans), elle est parvenue à tirer vers elle la majeure partie du programme Airbus, la France engloutissant dans le même temps quelques uns de ses plus beaux fleurons et des milliers d'emplois dans un consortium réalisé sur le mode fusionnel, dont la langue de travail est l'anglais et le siège aux Pays-Bas. Toute personne attachée aux affaire publiques devrait lire séance tenante, l'incroyable récit que, dans le n°2 des Cahiers de l'Indépendance (1), le général Pierre-Marie Gallois fait de cette bérézina ô combien emblématique. On verra ce qu'aurait pu et pourrait encore faire l'idée européenne. On verra aussi l'inanité de son rêve ultime, supprimer les interêts nationaux. ----------- |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris m Une certaine idée de l'Europe et du Monde - Benoît XVI et la Turquie m Marchands sans temple - Cuisines et dépendances m Langues et civilisations - "Le Saint-Empire, précurseur de l'U.E." m L'Europe aux anciens parapets - Si vis bellum para communicationem m Les souverainissimes - Sortir de l'euro ou de l'U.E. ? m Chroniques - Daniel Hamiche m Les Cahiers de l'Indépendance - Extrait de l'entretien avec Maxime Tandonnet |
N°36 - Le Diktat Ecoutant à Strasbourg, ce mercredi 17, Mme Angela Merkel déroulant son programme devant le Parlement européen, on s'émerveillait devant la constance du jeu des nations, en particulier celui de l'impérieuse Allemagne ; ce pays a le fédéralisme dans le sang, et veut une fois de plus l'imposer à toute l'Europe. Oubliés les référendums français et hollandais : l'Allemagne entreprend bonnement de faire avaler tel quel l'ancien projet de Constitution européenne à tous les peuples de l'Europe, qu'ils l'acceptent ou non. Ce diktat est d'autant plus impérieux que, retour de Washington, Mme Merkel est assurée du soutien américain et donc de celui des oligarchies européennes ; et voilà qu'elle se prévaut même de " l'effacement en France du mouvement des non ", comme l'a dit sans plus de détours son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier - à quoi les souverainistes ne prêtent que trop facilement le flanc par leur dispersion, et l'épouvantable manie qu'ont la plupart de mêler de très secondaires préoccupations au combat principal, celui de la liberté nationale, dont dépendent pourtant toutes les affaires publiques. C'est hélas l'évidence que les "non" de 2005 ne parviennent pas à transformer leur victoire en mouvement politique, contrairement à ce qui se produit en Grande Bretagne et aux Pays-Bas. Il faut dire que le Système, aux abois depuis le 29 mai, a réussi un tour de passe-passe admirable : depuis plus d'un an, la nomenclature politique, financière et médiatique française s'est arrangée pour restreindre le choix des électeurs à deux seuls candidats ouiouistes. Tout est ficelé : déjà, lors du sommet franco-allemand de juin dernier, Jacques Chirac a donné à ladite Angela carte blanche pour relancer la Constitution ; quelques mois plus tard, M. Sarkozy déclarait à Bruxelles que l'essentiel de la Constitution (le titre I, par lequel peut passer tout le reste), pourrait être adopté par la voie parlementaire, coup d'Etat légal dont on a vu des précédents dans notre histoire. Face, ou plutôt à coté dudit " Sarko ", " Ségo " reste bien vague sur ce sujet comme sur tant d'autres. En réalité, le parti unique UMPS s'est tout entier voué à l'effacement de la France, ce que ne peut plus empêcher désormais qu'un vaste rassemblement national et populaire. Mais les têtes sont dures ! Depuis plus de deux siècles, les oligarchies de tous ordres ont réussi à faire croire aux Français que la politique consistait à choisir entre droite et gauche : la césure existe certes mais, pour profonde qu'elle demeure, elle est secondaire face à celle qui traverse et surplombe toute notre histoire depuis ses origines : d'un coté, le parti de l'abandon et de la soumission aux oligarchies, qu'elles soient intérieures ou extérieures ; d'un autre, le parti de la liberté du Peuple-Nation, traduite en un Bien Commun que met en œuvre un Etat, son autorité, sa légitimité, sa souveraineté. Vers un grand parti national Pour dissoudre le peuple, il restait, après l'avoir plongé dans le mélangisme général et corrompu ses traditions, à dissoudre les élections : une fois supprimé le référendum, il reste à supprimer les présidentielles, ce qui est déjà fait s'agissant du premier tour (puisque nous sommes installés depuis des mois dans un perpétuel second tour programmé), et à plus retenir que deux protagonistes voués chacun à sa manière, "sociale" ou "libérale", à l'effacement de la nation. Les démocrates abolissent ainsi les consultations électorales les unes après les autres, transformant ce qu'il en reste en une sorte de prix du Président de la République qui sonne aujourd'hui comme la dernière trouvaille de la Française des Jeux. Tout cela confirme au passage ce que nous écrivons depuis des lunes : l'Union européenne sera anti-démocratique et anti-populaire ou ne sera pas. Face à cela, nous devons regarder comme un devoir impérieux de créer un grand mouvement pour la France, ce parti national que la France trouva toujours dans les heures sombres pour la sauver et la servir. Face au véritable coup d'Etat à parfum germanique que serait l'adoption par voix parlementaire d'une Constitution européenne qui revient à abolir la Constitution française, il n'est plus temps de nous perdre en querelles. L'heure approche où les Français se rendront compte enfin que la question politique ne consiste pas à chercher quel contenu nous pouvons donner au gouvernement de la France mais s'il y a place à un gouvernement de la France. Est-il bien raisonnable d'attacher si grande importance au chef d'un Etat dépouillé de quasi-toute souveraineté, réduit à des apparences d'autant plus insupportables qu'elles sont fallacieuses, et noyé sous un amoncellement d'organismes ou d'administrations dépourvus de véritable autorité hormis les contrôles de la vitesse sur les routes et la fumée de tabac dans les lieux publics. Personne ne se demande s'il est raisonnable de s'intéresser à un " Pouvoir " dont les ministres passent leur temps en d'incessants aller-retour à Bruxelles pour prendre des consignes ou plaider un dossier comme députés montant à la capitale, dès lors que les quatre cinquième des lois retranscrivent les directives d'un cénacle étranger que nul ne contrôle, et que leur application dépend de juges qui, jusqu'au délire, opposent au Bien Public le saint dogme de leur " indépendance " - sans parler de la Cour suprême de Luxembourg aujourd'hui saisie par la Commission de 302 plaintes contre l'Etat français, en sorte que celui-ci est de tous côtés placé sous un permanent contrôle judiciaire. Et que peut signifier un " programme " quand, privée de l'instrument monétaire, toute politique économique est soumise aux arbitrages incompréhensibles d'une banque établie à Francfort, quand le sort de nos industries, comme celui de notre agriculture, et conséquemment de la plus grande partie du territoire national, dépendent des oukases de cette OMC que Philippe de Villiers nomme si justement " Organisation Mondiale du monde " où la prétendue République n'est même pas représentée en tant que telle ? Que veut donc dire l'élection du Président de la République quand, de République, il ne s'aperçoit presque plus rien, pas même la clarté du drapeau ? La grande course du Printemps garde malgré tout un intérêt, un seul : celui de mesurer l'étiage du souverainisme et, par là, de mesurer les dernières chances pour la France de ne point disparaître durablement de l'étroite famille des nations libres. Dans cette perspective, le groupe Indépendance & Démocratie au Parlement européen a décidé de créer en son sein un comité de travail, pour que soit lancée en France, pays que nos partenaires souverainistes de toute l'Europe considère comme central, une campagne intitulée "Non, c'est non". Cet effort devra contribuer à ce que, dans les prochains mois la mobilisation des Français reprenne de plus belle : la lutte continue ! |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris m Une certaine idée de l'Europe et du Monde - "La culture américaine occupe la place laissée
vacante par la France" m Que signifie pour vous l'Europe ? - Hélène Goudin, Eugen Mihaescu, François-Xavier de
Guibert m Marchands sans temple - L'avenir de l'euro m L'Europe aux anciens parapets - Revue des revues : l'homme nouveau m Chroniques - Guillaume Peltier m Les Cahiers de l'Indépendance - Extrait d'une table ronde sur l'Europe |
N°35 - Desserrer l'étau Une fois n'est pas coutume, approuvons un commissaire, l'Italien F. Frattini, qui publie dans ce qu'il reste de Libération une tribune intitulée "le religieux, ciment de l'Europe". Formule qui n'est claire qu'à la condition de com-prendre ensemble toutes les figures du religieux, comme le fait Régis Debray lorsqu'il y inclut tout "point de communion" d'une civilisation - conception large mais conforme à l'étymologie : religere, c'est relier. Quel est donc le "point de communion" capable de relier les Européens ? Proposons un mot qui coule de nos plus hautes sources, Logos (verbe, discours, discussion, raison...) et posons que, aux deux conceptions du monde qui déchirent aujourd'hui la planète, le tout-marché anglo-saxon et le tout-sacré islamiste, l'Europe doit opposer cette civilisation du logos qui pourrait être dite du "tout-parlé". Telle est d'ailleurs la leçon délivrée par Benoît XVI à Ratisbonne : à quelques semaines d'un voyage à hauts risques en Turquie, le Pape a rappelé l'Europe à son fondement, la liaison de la Raison et de la Foi - une foi indissociable, dit il, du Logos. Contrairement à ce qu'ont retenu les filtres de l'univers médiatique, ce texte était, autant que d'un Islam réduit à l'idolâtrie, une critique acerbe d'une Europe qui, après les trois traumatismes négateurs que furent le protestantisme, le kantisme et le modernisme (y compris " chrétien "), sépare obstinément religion et raison : d'où son insistance sur les sources grecques de la Bible, la traduction grecque de l'ancien testament, et le rappel que " Jean a débuté le prologue de son évangile par ce mot : au commencement était le logos ". Benoît XVI commente : " logos signifie à la fois raison et parole (...) La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n'est pas un simple hasard. La vision de Saint Paul devant lequel s'étaient fermées les routes de la vie et qui, en rêve, vit un Macédonien et entendit son appel viens en Macédoine, viens à notre secours ! peut être interprétée comme un raccourci d'un nécessaire rapprochement entre la foi biblique et la manière grecque de s'interroger". Au commencement de l'Europe était le verbe : réconciliant nos sources, le Pape esquisse l'ultime fondement philosophique aussi bien que théologique sans lequel l'Europe ne repose sur rien. Dans son capital Europe, ses fondements aujourd'hui et demain (2005), il rappelait qu'elle " n'est pas un continent que l'on peut nettement saisir en terme de géographie, mais un concept culturel et historique ". Déjà en 1987 il écrivait : "Toute union politique ou économique n'aura pas automatiquement une valeur d'avenir. Une simple centralisation de compétences économiques ou législatives peut conduire à une décadence accélérée si elle aboutit par exemple à une simple technocratie dont l'unique règle serait l'accroissement de la consommation". E. Le Roy Ladurie émet l'idée que le choix que Ratzinger fit du nom de Benoît ne référait pas tant à Benoît XV oeuvrant contre le suicide européen de 14-18, ni à Saint-Benoît de Nursie, lointain parrain de l'Europe, mais à Benoît XIV, pape de 1740 à 1758, qui tenta de concilier la tradition romaine et le siècle des Lumières, entreprit de ramener l'Eglise grecque dans l'Eglise universelle, développa l'enseignement des sciences à Rome, protégea les arts, l'industrie, les lettres, entretint de longues relations avec Frédéric de Prusse, s'interrogeant même sur la fécondité de la maçonnerie. Apercevons-nous ici la réunion de tous ceux qui croient face à la cohorte des Modernes qui sombre sous nos yeux dans le relativisme baba-coule et le scepticisme plus ou moins " festif " ? Bien qu'athée, l'intellectuel italien Marcello Pena formule cette perspective : " Nous descendons de trois collines, le Sinaï, le Golgotha et l'Acropole et nous avons habité trois capitales : Jérusalem, Athènes et Rome. Dans ces lieux, se sont formées notre tradition et celles de nos institutions politiques d'où proviennent nos régimes libéraux et démocratiques ; cette identité judéo-chrétienne développa une série de valeurs fondamentales, la dignité de la personne, l'égalité de tous les citoyens, l'égalité hommes-femmes, et le respect. Nous pratiquons ces principes, mais nous oublions la lymphe qui les a alimentés : la tradition judéo-chrétienne".(1) Portée de la question turque Les réactions des islamistes ont opportunément confirmé les propos du Pape - ce qu'il prévoyait sans doute en secret. Mais l'essentiel pour nous (et c'est là que Frattini et ses amis europiomanes ont tort) est dans l'annonce finalement optimiste de ce que pourrait être le réveil de l'Europe du XXIè siècle si, retrouvant toutes ses racines, elle tournait enfin le dos aux modèles supra-nationaux du tout-marché américano-bruxellois et du tout-sacré islamique ; de ce point de vue, les divers mouvements que la presse et le parti euro-mondialiste UMPS nomment en choeur "populistes" ou "nationalistes" observés ces derniers temps en Europe, en particulier centrale (mais aussi aux Pays-Bas, en Belgique ou en France), signalent une volonté désespérée, ou inespérée, de réappropriation de soi-même déjà traduit par le refus de la fusion des nations, de la Californie à l'Anatolie, et ce grand non à la Constitution Giscard sans lequel la nouvelle Europe ne pouvait émerger, réappropriation que nous appelons, nous autres, souverainisme. Significatifs sont ainsi les évènements de Hongrie, de Pologne, et d'une Bulgarie confrontée à l'agitation de sa forte minorité turque (15% de la population) et à l'épineuse question de la Turquie. Les gauches étant disqualifiées par leur générale détestation des " racines ", ce populisme est en train de redonner vie aux droites européennes, dernier gage d'un renouveau de l'Europe sur de toutes autres bases que celle d'UE… On voit ici l'importance du rappel par Benoît XVI du propos de Manuel II paléologue, cet Empereur byzantin du XIVe siècle reprochant à l'Islam de "ne pas agir avec le logos", dans un discours qui visait d'abord la "deshellinisation" du christianisme par le protestantisme, le kantisme et le modernisme : les deux bras de l'étau sont mécaniquement liés. Ainsi, la candidature turque (soutenue par Washington) résume un choix cardinal : de ce qu'elle intègre la Turquie ou la refuse, de ce qu'elle s'affirme ou non indépendante des Etats-Unis et du modèle consumériste, on pourra déduire que l'Europe accepte ou refuse d'être elle-même, fidèle à ses traditions bibliques, grecques, romaines, byzantines, sans oublier les racines pré-chrétiennes ou celles de l'humanisme rationaliste, qui, elles aussi, portent une foi - toutes entrant dans la famille du logos… Un homme a su dénoncer à la fois l'Europe devenue la " Cinquante et unième étoile du drapeau américain " (titre de son ouvrage de 2001) la Constitution qui l'y réduit, et, simultanément, l'adhésion d'une Turquie en voie de réislamisation et de surcroît négationniste, Philippe de Villiers. Certes, la bien dite Indépendance a jugé maladroit (quant à la formulation et à la tactique) le thème de l'islamisation de la France : mais qui d'autre a su donner une traduction politique au refus de ce que Péroncel Hugoz nomme l'Islamérique, cette tenaille qui n'est pas simplement géopolitique mais enserre aussi nos coeurs d'Européens, qui n'ont rien de mieux à leur opposer qu'eux mêmes : la langue, la raison, la politique, le logos en somme. Le fait qu'on brûle des églises, qu'on persécute des Chrétiens comme des philosophes athées (tel le professeur Redeker, affaire sur laquelle nous reviendrons dans nos Cahiers de décembre) montre bien où gît décidément le môle de toutes les résistances, où l'Europe naîtra enfin à elle-même. --------------- |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - Les groupes de pression à
Bruxelles - Le Liban,
l'Europe et nous - Sur la situation
au Proche-Orient m Tout bouge en Europe centrale - Bulgarie, Roumanie - Slovaquie, République tchèque - Kosovo m Marchands sans temple - Bruxelles V/s banane guadeloupéenne - L'Europe est malade de l'U.E. - L'échec de l'Europe économique m L'Europe aux anciens parapets - Revue des revues : La Nef - A la recherche d'une laïcité européenne m Chroniques - Daniel Hamiche - Guillaume Peltier - Jean-Pierre Péroncel-Hugoz - Philippe de Saint Robert - Bonnes feuilles |
N°34 - Réalités et Vérité Pourquoi le coup du 18 juin 1940 a-t-il touché tant de coeurs et remué tant d'âmes ? Pour une raison simple, plus facile à comprendre aujourd'hui que jamais : parce que au milieu de l'encombrement des réalités qui disaient le désastre, la déroute militaire et la désunion des Français, une voix avait su opposer à la réalité noire une parole qui la transcendait dans son entier, que la France n'était pas morte, qu'elle demeurait et demeurerait une grande puissance, et cette incantation formidable a finit par resplendir de tout l'éclat de la vérité, qui elle aussi était simple, et qui n'était que l'éternité de la patrie - et cette vérité-là, il lui fallut quelques années, la Libération d'abord et la magnifique restauration que fut la Vème République, pour la démontrer une fois encore à la face du monde. Que la réalité du jour, que la réalité de la France ne soit jamais la vérité de la France, voilà qui est aujourd'hui encore le fait majeur des heures que nous vivons et que doivent inlassablement méditer tous ceux qui seraient tentés de désespérer. Rien n'illustre mieux ce mirobolant décalage que l'attitude des officiels censés représenter le peuple sur le sujet de la Constitution européenne. Ahurissant décalage en vérité que pointent régulièrement les observateurs de la vie européenne et notamment les députés de notre groupe "Indépendance & Démocratie" : " Quoi, nous disent-ils ? On ne comprend plus rien à la France ! C'est un de ses anciens présidents de la République qui a donné son nom au projet de Constitution, et voilà que c'est aussi le peuple français qui l'a abattu d'un coup le 29 mai 2005. Et maintenant que voit on ? C'est encore le Gouvernement français qui, parmi les 25, se montre le plus empressé à parler de relance de la Constitution, au point de nous farcir les oreilles avec de nouveaux projets constitutionnels ! Qui croire, le peuple ou les représentants du peuple ? " On ne peut comprendre cette incroyable contradiction autrement qu'en opposant justement l'éternelle vérité de la France, qui a dit Non, à la triste réalité de son Gouvernement et de toutes ses oligarchies politiques et médiatiques qui, complètement infidèles à leur peuple, persistent à coasser partout d'innombrables Oui. Et, comble du comble, c'est à l'UMP, parti pourtant au " pouvoir " que le résultat du référendum est le plus effrontément nié, la palme revenant à son président, M. Sarkozy qui passe par Bruxelles pour dire l'urgence d'une Constitution supranationale - avant de s'envoler dans le ciel clair pour Washington, où l'attend l'onction de M. Bush en personne. Décalages en série Revenons à cette lancinante question : quant à la position de la France sur la Constitution européenne, qui faut-il croire ? En principe le peuple français ; intervenu après un débat de bonne tenue, qui montre qu'il y a encore place pour la démocratie dès lors qu'on prend le demos au sérieux, son Non clair et net a d'autant mieux mis un terme au projet constitutionnel européen qu'il ne cesse depuis un an de trouver un écho partout en Europe. Il a été suivi en Hollande, entériné en Grande-Bretagne, invoqué par le nouveau gouvernement polonais tandis qu'il signifiait son refus d'aussi nette façon ; et c'est encore derrière lui que s'abritent plusieurs pays pour différer toute ratification, cas de la Suède mais aussi de la République tchèque - sans compter que plussieurs pays d'Europe centrale qui l'ont approuvé sont en butte à une impopularité qui peut tourner au vinaigre comme on le voit ces jours-ci en Hongrie (voir sur le sujet notre dossier "Tout bouge en Europe centrale" pages 4 et 5). Las, pour les représentants du peuple français, c'est oui ! Par la voix de Mme Colonna, la France officielle répète sur tous les tons, comme elle l'a fait encore le 29 août dernier, qu'il faut abandonner l'unanimité, trouver des mécanismes plus contraignants pour imposer à tous les Etats une politique étrangère unique, etc... Certes Mme Colonna ne dit pas comment elle s'y prendrait pour empêcher Tony Blair d'approuver les bombardements israéliens au Liban, comme il l'a fait dès juillet, sans s'embarrasser autrement d'une quelconque " politique commune " d'ailleurs impossible à définir - les ministres ne se sont réunis qu'en août et ce fut pour constater leurs " divergences de vue ". De même, elle ne dit pas par quel miracle toute l'Europe se rallierait à la nouvelle position exprimée par M. Chirac sur le dossier nucléaire iranien, ceci sans consulter aucun de nos partenaires, lesquels font semblant de ne pas comprendre l'évidence, que l'on ne peut indéfiniment interdire ce que l'on n'a pas les moyens d'empêcher… La politique commune est une fois encore au tapis - la diversité étant l'immarcescible vérité de l'Europe. Qu'importe ! Le Gouvernement français s'entête dans l'idée de créer un super-Etat fédéral à n'importe quel prix, par exemple jusqu'à laisser couler en silence le siège du Parlement européen à Strasbourg, secrètement satisfait à l'idée que le super-Etat, outre sa super-monnaie unique, son super-marché unique et sa super langue-unique ait aussi une super-capitale unique, Bruxelles. Si lourd de drames Entre la France et sa représentation, le pays réel et le pays légal, divorce complet : de nouveau, nous voici au point de solstice où le pauvre visage qu'affiche la France n'a plus rien à voir avec la vérité profonde. Il est à peine besoin de dire que ce hiatus est lourd de drames. L'an prochain, la triple échéance électorale (n'oublions pas les législatives de juin et les municipales probablement fixées en octobre) pourrait être l'occasion de réconcilier le peuple français avec sa représentation. Cela supposerait que nous changions en quelques mois la petite classe des oligarchies qui se dispute non point certes le pouvoir mais ses dernières apparences (encore un fameux décalage entre la vérité et la réalité…). A l'évidence cela n'est possible que si nous savons réaliser l'union des patriotes. Or, cette union, la chose est plus évidente de jour en jour, ne se fera certes pas au sommet. Il faut donc la réaliser à la base, comme on dit, en commençant par ce qui est au pouvoir de chacun de nous : en nous-même, en nos coeurs et en nos âmes. Pour le reste, laissons parler l'histoire, qui a si souvent montré que, tôt ou tard révélée, l'union des patriotes était perpétuellement inscrite dans la vérité de la France. |
|
|
|
SOMMAIRE |
EDITORIAL |
|
m Dernières
nouvelles des Cabris - L'autisme - Le Mai de la
Pologne - Solana au Congo - Mandelson, cabri
en chef à l'OMC - Petit requiem
entre amis m Une certaine idée
- Sur la Tunisie m Marchands sans temple
- Les grands criminels économiques m Chroniques
- Guillaume Peltier - Jean-Pierre Péroncel-Hugoz - Philippe de Saint Robert - Gabriel Matzneff
|
N°33 - A quoi sert la princesse de Clèves ? Le 14 juin dernier, le Parlement européen examinait un rapport sur les prochaines étapes de la réflexion constitutionnelle. Son auteur, le social-démocrate allemand Jo Leinen, entend relancer le processus constitutionnel et remettre sur le tapis un texte aussi proche que possible du projet initial. Au nom de notre groupe ID, Patrick Louis (MPF) déposa aussitôt un amendement rappelant qu'il ne se pouvait imposer de traité ou de Constitution à un peuple qui n'en voulait pas. Mise aux voix, cette évidence fut loin de recueillir la majorité ; certes beaucoup de Français votèrent l'amendement (Front national, communistes, la plupart des Verts…) ; mais, ô surprise, les élus UMP votèrent contre (1). On a bien lu : ces prétendus "gaullistes" estiment ainsi que même si un peuple a repoussé un texte constitutionnel, il peut lui être imposé pour ainsi dire de l'étranger ! Hormis une défaite et une occupation militaires, a-t-on jamais vu pareil cas de figure ? Ou bien avait-on mal compris le gaullisme ? Les députés UMP avaient-ils seulement lu l'amendement ?
Ils n'ont fait que suivre le Président de la République qui,
rencontrant la Chancelière d'Allemagne le 6 juin, à Rheinsberg, près de
Berlin, a pour ainsi dire donné son feu vert à la relance du processus
constitutionnel " sous présidence allemande " l'an prochain : "Je fais
confiance à la présidence allemande pour lancer le train dans la bonne
direction" a déclaré sans détour M. Chirac. Or tout le monde sait que
Mme Merkel veut sauver le projet Giscard qui lui va si bien, quand bien
même a-t-il été refusé explicitement par deux peuples et mis en sommeil
par trois gouvernements (Grande-Bretagne, Pologne, République tchèque)
auxquels vient s'ajouter l'Irlande (cf. p. 5). "Nous sommes d'accord
pour dire que le traité constitutionnel reviendra à l'ordre du jour
pendant la présidence allemande" a de son côté déclaré la Chancelière.
Elle montra semblable détermination quelques jours plus tard, le 15,
lors du sommet européen de Bruxelles recevant l'appui de Romano Prodi.
Il semble bien que, face à ce nouvel axe Rome-Berlin, les dirigeants
français n'aient pas l'air de pencher pour la fermeté, c'est-à-dire le
simple respect du résultat du référendum. Ne serait-ce pas prendre le
risque d'une crise ? Seul l'envisage... Jacques Delors qui, dans un
communiqué bienvenu, vient d'accuser ses anciens pairs d'entraîner
l'U.E. "dans la plus grave crise de son histoire en refusant de parler
des Néo-gaullisme Ainsi se précise la menace d'un nouveau référendum que nous annonçions déjà dans ces colonnes en mai dernier, référendum d'autant plus dangereux que d'une part il pourrait être organisé à l'échelle européenne afin de noyer les oppositions des peuples récalcitrants et dans l'espoir que, en France, le texte reçoive l'appui cette fois d'une grande majorité de la gauche, moyennant un préambule rappelant les principes du droit social européen, concédé par l'Allemagne, ainsi que du nouveau Président Sarkozy - un Sarkozy dont tout le monde attend à Bruxelles une élection triomphale en mai prochain... Quel beau trio feraient Sarkozy, Merkel et Prodi s'ils se mettaient d'accord en juin 2007 pour faire passer d'une manière ou d'une autre la Constitution en force ! Ce serait une parfaite illustration du néo-gaullisme de
M. Sarkozy, lequel déploie aujourd'hui tous ses feux. Constatant que le
créneau "discours sur la France" était porteur, celui-ci a mitonné
quelques sorties patriotiques chantant la vieille terre de France, la
France profonde etc... Discours si bien tourné qu'il a même séduit
quelques intellectuels et même hélas de nos amis... Sait-on que, non
seulement ces belles paroles n'ont été écrites ni par M. Sarkozy ni
même par son cabinet ("La France ? j'sais pas quoi dire") et qu'il a
fallu pour remplir la page "France" du catalogue aller chercher... un
journaliste ? C'est donc pour toutes les capitales que M. Sarkozy est l'homme de la situation. Il lui reste à être élu aussi par les Français, moyennant quelques discours sur la France éternelle. Mais qu'il se méfie : son naturel revient souvent au gallo, par exemple lorsque le 23 février dernier, lors d'un grand mitinge de l'UMP tenu à Lyon, il s'amusa à faire rire la salle en lisant un passage de la Princesse de Clèves comme pour ridiculiser la belle langue classique de Mme de Lafayette. " Voilà ce que donne l'Education nationale pour épreuve d'examen ! " a-t-il ajouté " " Mais à quoi sert-il de savoir qui est la Princesse de Clèves ? Etonnez-vous que notre pays aille si mal si c'est cela que l'on enseigne à nos enfants !" M. Sarkozy jugerait-il plus utile des cours d'anglo-américain, la langue de son Europe ? Question subsidiaire : peut-on savoir ce que font des gaullistes dans le parti de ce monsieur ? -------------- Paul-Marie Coûteaux |